lundi 18 mai 2026

L’ONMD alerte sur l’exercice illégal de la médecine dentaire et appelle à un renforcement des sanctions

L’ONMD alerte sur l’exercice illégal de la médecine dentaire et appelle à un renforcement des sanctions

L’ONMD (Ordre National des Médecins Dentistes du Maroc) a mis en garde contre la recrudescence de l’exercice illégal de la médecine dentaire au Maroc, estimant que ce phénomène constitue une menace directe pour la sécurité sanitaire des citoyens en raison des graves complications médicales qu’il peut engendrer, allant parfois jusqu’au décès.
Cette alerte a été lancée à l’occasion d’un colloque national organisé samedi soir à Rabat sous le thème : « L’exercice illégal de la médecine dentaire au Maroc : violation de la loi et atteinte à la sécurité sanitaire », avec la participation de représentants du ministère de la Santé et de la Protection sociale, d’organisations nationales et internationales, d’instances professionnelles, d’experts juridiques et sanitaires ainsi que de représentants des médias.
Dans son allocution d’ouverture, le Dr Mohamed Sedira, président du Conseil national de l’ONMD, a souligné que cette initiative s’inscrit dans le cadre de la « responsabilité nationale et éthique » de l’institution visant à sensibiliser l’opinion publique à la gravité de ce phénomène et à mobiliser l’ensemble des acteurs concernés pour y faire face.
Il a rappelé que le Maroc a accompli, ces dernières années, des avancées importantes dans la réforme de son système de santé, notamment à travers le chantier de la généralisation de la protection sociale, le renforcement de l’offre de soins et le développement des ressources humaines. Il a également indiqué que le Royaume forme désormais plus de 1.500 médecins-dentistes par an issus de 12 facultés de médecine dentaire, parallèlement à la dynamique de création et d’ouverture de nouvelles structures sanitaires dans différentes régions.
Le colloque a été marqué par plusieurs interventions scientifiques et institutionnelles. Le Dr Ibrahim Oukhzane, directeur de la Réglementation et des Contentieux au ministère de la Santé et de la Protection sociale, a présenté les aspects juridiques et réglementaires liés à la lutte contre l’exercice illégal, tandis que Hafid Hachiri, représentant de l’Organisation mondiale de la santé au Maroc, a insisté sur l’importance de garantir la sécurité sanitaire des citoyens et de renforcer la gouvernance du secteur de la santé.
Le Dr Mohamed Sedira a également exposé le cadre juridique régissant l’exercice de la profession, alors que la professeure Sofia El Haitami, vice-doyenne de la Faculté de médecine dentaire de Casablanca, a détaillé les conséquences sanitaires graves de ces pratiques sur les patients, en s’appuyant sur des données scientifiques et des cas de terrain.
Le colloque a, par ailleurs, diffusé des messages vidéo de plusieurs personnalités et organisations internationales du secteur dentaire, notamment le professeur Nicolas Charkov, président de la Fédération Dentaire Internationale, le Dr Abderrahmane Azri, secrétaire général de l’Union des médecins-dentistes arabes, ainsi que des responsables professionnels de France, d’Égypte et de Tunisie. Tous ont insisté sur la nécessité de lutter contre l’exercice illégal en raison des menaces qu’il fait peser sur la santé des citoyens.
Les participants ont également souligné la place grandissante qu’occupe le Maroc au sein des instances internationales et africaines de médecine dentaire, ainsi que la responsabilité qui en découle pour préserver l’image du Royaume et la crédibilité de son système de santé.
La rencontre a enfin été marquée par la présentation de témoignages et de reportages consacrés aux victimes de ces pratiques illégales, dont celui d’une Marocaine résidant à l’étranger ayant relaté les lourdes conséquences sanitaires, psychologiques et financières subies après avoir été victime d’une personne se faisant passer pour médecin-dentiste à travers des annonces trompeuses.
À l’issue des travaux, l’ONMD a réaffirmé sa détermination à poursuivre ses efforts de sensibilisation, de plaidoyer et de coordination avec les différents partenaires afin de protéger les citoyens et garantir une pratique médicale sûre, conforme à l’éthique professionnelle et renforçant la confiance dans le système de santé national.