17 octobre 2026

Interpellation d’un extrémiste à Tanger: les expertises physico-chimiques révèlent la présence de substances entrant dans la fabrication d’explosifs (DGSN-DGST)

Interpellation d’un extrémiste à Tanger: les expertises physico-chimiques révèlent la présence de substances entrant dans la fabrication d’explosifs (DGSN-DGST)

 Les expertises physico-chimiques et les analyses de traces numériques réalisées par le Laboratoire national de la police scientifique et technique (LNPST) de Casablanca sur les différents objets saisis en possession d’un individu extrémiste interpellé à Tanger le 9 octobre, soupçonné de préparer des opérations terroristes visant à porter gravement atteinte à l’ordre public, ont révélé la présence, parmi les échantillons saisis, de plusieurs substances entrant dans la fabrication et la préparation d’explosifs, indique un communiqué du pôle de la Direction générale de la Sûreté nationale et de la Direction générale de la Surveillance du territoire (DGSN-DGST).

Les substances identifiées comprennent notamment le peroxyde d’acétone (TATP), un explosif primaire sensible, de l’engrais à base d’urée et une solution d’acide nitrique entrant dans la fabrication du nitrate d’urée, ainsi que des poudres chimiques puissantes utilisées dans les mélanges explosifs pour en accroître la puissance et une poudre fortement oxydante permettant d’obtenir des chlorates destinés à servir de charge explosive, précise la même source.

Les expertises menées par le service de chimie des preuves criminelles, la section des analyses physiques et la section des traces numériques du LNPST ont porté sur des échantillons de différentes substances chimiques et des appareils électroniques saisis en possession du suspect lors de son interpellation par les éléments du Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ), en coordination avec les services de la police judiciaire de Tanger, ajoute le communiqué.

L’expertise technique a également mis en évidence l’utilisation de solutions d’acétone et de solutions acides comme précurseurs dans la fabrication du TATP, ainsi que le recours à une solution de chlorure de sodium et à des batteries reliées à des fils électriques et un objet métallique pour obtenir une substance rouillée à effet incendiaire. Elle a aussi révélé l’utilisation de carbonate de sodium et d’une solution alcaline pour neutraliser l’acide au cours de la fabrication d’explosifs.

Les analyses ont, par ailleurs, révélé que les objets saisis comprenaient des appareils de mesure du courant électrique et de recharge de batteries, un téléphone portable relié à des fils électriques, un interrupteur électrique et des composants utilisés dans la fabrication de circuits électriques destinés à des engins explosifs commandés à distance ou à déclenchement différé. Des clous et des têtes de vis, susceptibles d’être utilisés comme projectiles lors d’explosions afin d’accroître le nombre de victimes, figuraient également parmi les objets saisis.

Concernant les traces numériques récupérées à partir d’un téléphone portable aux caractéristiques particulières saisi en possession du suspect, les expertises ont révélé que l’appareil avait été modifié par l’ajout de circuits électroniques et de connexions électriques, et que son mode de fonctionnement avait été adapté pour servir de dispositif de déclenchement ou d’activation d’un explosif, poursuit-on.

Les expertises physico-chimiques et numériques ont, ainsi, établi que le suspect interpellé avait atteint un stade avancé dans la préparation et la fabrication de substances explosives, comme en témoignent la nature des produits saisis et leur agencement, ainsi que la présence d’indices techniques attestant de la réalisation d’essais d’explosion, en vue de leur utilisation dans des opérations terroristes.

Selon le communiqué, les expertises techniques et scientifiques, réalisées dans le cadre du recours aux sciences et aux technologies de pointe au service de la recherche criminelle et de la mise en évidence du rôle des preuves scientifiques dans l’élucidation des affaires criminelles, sont venues appuyer l’enquête menée par le BCIJ, sous la supervision du parquet compétent, concernant le suspect interpellé à Tanger, âgé de 22 ans et affilié à l’organisation terroriste « Daech ».

Les perquisitions ont permis de découvrir en possession du suspect des manuscrits contenant le modus operandi criminel employé dans l’intrusion cybernétique, ainsi que du matériel électronique, dont un téléphone modifié et relié à des fils électriques, outre des équipements, dont une machine et fils de soudure, des batteries, un ruban adhésif, une quantité de clous, des interrupteurs électriques et des lunettes de soudure, outre des substances chimiques solides et liquides soupçonnées de servir à la préparation et à la fabrication d’explosifs.

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