Entre mémoire, identité et silence : la FLSH de Beni Mellal accueille Bernadette Rey-Mimoso-Ruiz
À la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Beni Mellal, la littérature a cessé, le temps d’une matinée, d’être un simple objet d’étude pour redevenir ce qu’elle est au plus profond : une manière d’interroger la mémoire, l’identité et les blessures silencieuses de l’Histoire.
Le lundi 11 mai 2026, la FLSH de Beni Mellal a accueilli une rencontre littéraire consacrée à la présentation du roman MEKTOUB. C’est écrit… de Bernadette Rey-Mimoso-Ruiz, professeure émérite et écrivaine, dans une atmosphère à la fois intellectuelle et profondément humaine.
Organisée dans le cadre des activités scientifiques et culturelles portées notamment par le LRALLARC, la rencontre a réuni universitaires, chercheurs, étudiants et passionnés de littérature autour d’une œuvre qui explore les fractures de la mémoire, les héritages empêchés et les tensions identitaires dans l’Europe de l’après-guerre.
L’échange a été animé par le professeur El Mahdi El Azhar, dont la modération, précise et attentive, a permis de faire émerger les grands enjeux du roman tout en installant un dialogue vivant avec l’auteure. Son intervention n’a pas consisté à simplement distribuer la parole : elle a structuré la réflexion, relancé les questions essentielles et donné au débat une véritable profondeur critique.
La lecture analytique de l’œuvre a été assurée par le professeur Mounir Oussikoum, qui a proposé une approche dense et rigoureuse du texte. S’appuyant sur les dimensions narratives, symboliques et mémorielles du roman, il a montré comment MEKTOUB. C’est écrit… déplace la notion même de destin : ce qui paraît « écrit » n’est jamais totalement clos, mais constamment repris, réinterprété et reconstruit par la mémoire.
Au cœur de cette lecture critique, plusieurs axes ont été mis en lumière : la question des origines dissimulées, la violence du regard social, les fractures de l’identité, mais aussi la puissance du récit comme tentative fragile de réappropriation de soi. À travers les trajectoires de Samir, Béatrice et Mathilde, le roman fait apparaître une humanité traversée par le silence, l’exil intérieur et les héritages inachevés.
L’un des moments les plus marquants de la rencontre fut sans doute celui où la discussion a quitté le terrain strictement universitaire pour toucher à quelque chose de plus intime : la manière dont la littérature permet d’habiter les failles du réel sans prétendre les effacer. Bernadette Rey-Mimoso-Ruiz a alors répondu aux analyses et aux questions avec une grande générosité intellectuelle, revenant sur la genèse du roman, son rapport à la mémoire et son travail d’écriture.
Le public, particulièrement attentif, a ensuite pris part à un échange nourri avec l’auteure et les deux universitaires, transformant la rencontre en véritable espace de réflexion collective.
Par la qualité des interventions du professeur El Mahdi El Azhar et du professeur Mounir Oussikoum, cette présentation a dépassé le cadre d’une simple promotion d’ouvrage. Elle a donné lieu à une véritable méditation sur la littérature comme lieu de transmission, de mémoire et de confrontation aux zones fragiles de l’identité contemporaine.
