Béni Mellal accueille un colloque international sur les dispositifs didactiques en didactique du français
La première journée du Colloque international des jeunes chercheuses et chercheurs en didactique du français s’est tenue, jeudi 18 juin 2026, à l’École Supérieure de l’Éducation et de la Formation de Béni Mellal, autour du thème : « Les dispositifs didactiques en question(s) ». La rencontre a réuni des enseignants-chercheurs, des doctorants et de jeunes chercheurs venus de plusieurs universités marocaines et étrangères, avec pour objectif d’interroger les usages, les enjeux et les limites de la notion de dispositif dans l’enseignement-apprentissage du français.
La séance d’ouverture a été marquée par les interventions du directeur du Laboratoire de Recherches Appliquées sur la Littérature, la Langue, l’Art et les Représentations Culturelles, de la vice-présidente de l’Université Sultan Moulay Slimane chargée de la recherche scientifique et de la coopération, ainsi que du président de l’Association Internationale pour la Recherche en Didactique du Français. Les allocutions ont insisté sur l’intérêt scientifique de la manifestation, sur la place accordée aux jeunes chercheurs et sur la nécessité de renforcer les espaces de dialogue entre les universités, les centres de formation et les réseaux internationaux de recherche en didactique du français.
Le thème retenu place au centre des échanges une notion largement mobilisée dans les recherches didactiques : celle de dispositif. Souvent employé pour désigner des situations, des outils, des organisations pédagogiques ou des cadres de formation, ce concept appelle pourtant une clarification. Les travaux de cette première journée ont ainsi cherché à examiner ce que le dispositif permet de penser dans la classe, dans la formation des enseignants et dans l’analyse des apprentissages, mais aussi les ambiguïtés que son usage peut entraîner lorsqu’il reste insuffisamment défini.
La première conférence plénière a été assurée par Ana-Dias Chiaruttini, de l’Université de Toulouse – Jean Jaurès, sous le titre : « Dispositif : un concept en tension en didactique du français ». L’intervention a proposé une réflexion épistémologique et méthodologique sur un concept issu de plusieurs champs disciplinaires et progressivement installé dans les recherches en didactique du français. La conférencière a notamment mis en évidence les relations entre dispositif, situation, outil, séquence didactique, contrat didactique, transposition didactique et genre disciplinaire.
La matinée s’est poursuivie avec la conférence de Christophe Ronveaux, de l’Université de Genève, intitulée « Le temps de l’œuvre, de sa lecture, de son enseignement et de l’apprentissage. Penser le temps en didactique du français et de la littérature ». Cette communication a abordé les différentes temporalités engagées dans l’enseignement de la littérature : temps de l’œuvre, temps de la lecture, temps de l’enseignement, temps de l’apprentissage et temps des curricula. Elle a permis d’ouvrir une réflexion sur la manière dont les œuvres littéraires sont inscrites, lues, transmises et appropriées dans l’espace scolaire.
L’après-midi a été consacré aux sessions parallèles relevant de l’axe 1 : « Dispositifs didactiques, médiations et construction des apprentissages ». Les communications ont porté sur des objets variés, notamment les traces écrites, les annotations des élèves, le débat régulé, l’écriture réflexive, la formation des enseignants, la prise de notes, le rapport de stage, l’exposé oral, les écrits intermédiaires et les journaux de lecture. Ces interventions ont permis de confronter la notion de dispositif à des terrains divers, depuis l’enseignement secondaire jusqu’à la formation professionnelle et universitaire.
La journée s’est achevée par une conférence consacrée à l’expérience d’un jeune chercheur en didactique du français. Samarange Nzikou Mouelet, de l’Université de Reims Champagne-Ardenne, est intervenu sur « Du rapport à la littérature au rapport à la recherche : se construire comme chercheur ». À partir d’un parcours de recherche situé entre le Congo et la France, il a interrogé la manière dont un objet de recherche contribue aussi à transformer la posture du chercheur, son rapport au savoir, à l’écriture scientifique et à la communauté académique.
Cette première journée a ainsi permis de poser les principaux axes de réflexion du colloque : clarification conceptuelle de la notion de dispositif, analyse des pratiques d’enseignement, étude des médiations didactiques, formation des enseignants et accompagnement des jeunes chercheurs. Les échanges se sont inscrits dans une perspective à la fois théorique et pratique, attentive aux terrains, aux pratiques de classe et aux transformations actuelles de la recherche en didactique du français.


