55éme édition du Festival National des Arts Populaires Du Nord au Sahara marocain, les plus précieux émissaires en fête
Marrakech le 06 Avril 2026. Cinquante-cinq ans. Cinquante-cinq années durant lesquelles, Marrakech a ouvert les bras à la beauté vivante de tout un peuple. Ses danses sacrées, ses chants millénaires, ses costumes brodés d’histoires. Le Festival National des Arts Populaires revient du 02 au 06 juillet 2026.
En cet été 2026, avec la plénitude des grandes célébrations, portant pour thème une philosophie entière « Les Arts Populaires, Trésors d’hier et d’Aujourd’hui ».
Le rythme dans la culture marocaine est un langage originel, antérieur à l’écriture à même la parole articulée. Et les symboles, ces motifs brodés sur les tenues traditionnelles de chaque région, racontent des cosmogonies qui ont traversé les âges sans se laisser consumer. Le tout, c’est affirmer que ce qui est ancien peut être le plus vivant. La transmission n’est que grâce. Et chaque génération qui reçoit cet héritage le remet en mouvement, comme un acte de foi.
L’Âme du Maroc, vivante et plurielle
Les arts populaires marocains incarnent des forces de vie, traversées de feu et de souffle, qui se réinventent à chaque génération sans jamais trahir leur source. L’Ahidous des tribus de l’Atlas : danse collective où les corps ondulent à l’unisson comme une forêt sous le vent du soir ; porte en elle la philosophie entière d’un peuple qui a choisi la grâce du geste pour dire ce que les mots ne peuvent contenir.
Les Gnaoua, héritiers d’une transe sacrée venue des profondeurs de l’Afrique, font vibrer leurs guembris jusqu’au tréfonds des poitrines. Les troupes de Taskiwin du Souss brandissent leurs poignards ciselés au rythme de tambours dont l’écho se confond avec le battement du cœur. Chaque région du royaume envoie ici ses plus beaux émissaires : ses couleurs, ses rites, ses mémoires charnelles, pour que le Maroc se contemple dans toute sa splendeur plurielle.
Palais Badiâ, La Splendeur des ruines sous les étoiles
Il est des lieux que le temps n’a pas détruits ; il les a révélés. Bâti au XVIe siècle par le sultan Ahmed el-Mansour, que ses contemporains nommèrent le Doré pour l’éclat éblouissant de ses victoires.Le Palais Badiâ fut jadis la merveille des merveilles : ambassadeurs d’Orient et d’Occident s’y perdaient dans des jardins traversés de canaux où se miraient les reflets du ciel. Les siècles en ont fait une magie : des murailles couleur de sang séché ouvertes sur l’infini du firmament, des arcades sans plafonds où les cigognes nichent en silence, un espace où le vide lui-même a une présence.
C’est là, dans cette grandeur décharmée, que se tient le spectacle principal du festival, sous la voûte d’un ciel sans frontières, sur une scène que l’histoire a consacré avant même que les premiers artistes arrivent, il y’a 55 ans. Lessoirées du Badiâ est une expérience que l’on reçoit, la laissant s’inscrire dans les âmes.
Djemaa el-Fna ; Le Premier Théâtre du monde
Il serait présomptueux de prétendre décrire Djemaa el-Fna. Cette place devenue un état de grâce permanent. Classée chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité par l’UNESCO, elle obéit à ses propres lois, ses propres marées, ses propres mystères. Le matin, se tient encore dans le silence blond de l’aube. Puis elle se peuple, se densifie, se démultiplie : les
conteurs deshalqa tendent leur voix comme un fil d’or que l’auditoire retient de tout son être ; les joueurs de bendirs impriment des rythmes que le corps comprend avant même que l’esprit les nomme ; les acrobates de Taroudant défient la pesanteur avec une désinvolture qui confine au sacré.
Quand la scène publique du festival s’y déploie, elle révèle ce que cette place a toujours su être : l’espace originel, vivant et insoumis, où la culture populaire n’a jamais cessé d’être un acte de résistance joyeuse contre l’oubli
La Nuit des Stars : Hommage à Zina Daoudia
Parmi les soirées qui marqueront cette 55ème édition, l’une brille d’un éclat particulier. La Nuit des Stars rendra hommage à Zina Daoudia ; cette voix inimitable qui incarne à elle seule la joie viscérale du chaâbi marocain. Son timbre chaud comme la terre d’été, ses refrains qui traversent les générations et les frontières sans jamais vieillir. Zina Daoudia est l’une de ces artistes rares dont l’œuvre appartient non pas à une carrière mais à une mémoire collective.
Lui rendre hommage ici, dans la cité ocre, sous les cieux de Marrakech, c’est reconnaître que la culture populaire a ses artistes féminines ; et qu’elles méritent d’être célébrées avec toute la ferveur qu’elles ont consacrée à leur art.
« Cinquante-cinq ans. Ce chiffre me bouleverse chaque fois que j’y pense, parce qu’il est une promesse tenue. La promesse que nous avons faite, génération après génération, à ceux qui nous ont transmis leurs danses, leurs chants, leurs costumes cousus de patience et d’amour.
Quand je regarde entrer en scène, une troupe venue du fin fond du Haut-Atlas ou des confins du Sahara, je vois des gardiens de notre très cher patrimoine. Des hommes et des femmes qui ont choisi de porter sur leurs épaules ce que beaucoup auraient laissé tomber. Il y a dans ce choix une noblesse que les mots effleurent à peine.
Cette année, rendre hommage à Zina Daoudia, c’est annoncer que la beauté populaire n’est pas une beauté de second rang. Elle est première. Elle est la souche. Et tant que ce festival existera, elle sera défendue avec tout ce que nous avons ; avec notre cœur entier. »révèleMohamed Knidiri, Président du Festival National des Arts Populaires de Marrakech.
Marrakech n’a pas besoin qu’on lui prête de la magie ; elle en est faite.
Du 2 au 6 juillet 2026, la cité ocre sera, une fois de plus, le cœur battant d’une nation qui danse pour ne pas oublier qu’elle est éveillée depuis déjà des décennies.





