Mohammed VI : L’honneur d’un Roi face aux polémiques

La publication récente, dans le quotidien français Libération, d’un article relayant des extraits du livre « Mohammed VI, le mystère » du journaliste Thierry Oberlé, a suscité une vive réaction parmi plusieurs observateurs attachés aux relations franco-marocaines.

L’article reprend des passages évoquant la vie privée, l’entourage et l’état de santé du Souverain marocain, avec des qualificatifs jugés offensants. Cette publication a provoqué l’indignation de certains lecteurs et personnalités, dont France Colle, auteure du livre « Le Maroc du Roi Mohammed VI » (Éditions du Panthéon, Paris), qui a adressé une lettre ouverte au directeur de la rédaction du journal français.

Dans sa réaction transmise à notre rédaction, France Colle ne mâche pas ses mots. Pour elle, l’ouvrage en question relève davantage de la polémique que de l’enquête rigoureuse.

« Ce livre n’est rien d’autre qu’un produit sensationnaliste qui ne repose sur aucune base sérieuse », affirme-t-elle, dénonçant des propos qu’elle juge « indignes d’un débat public responsable ».

La question de la santé : une ligne rouge

L’un des points les plus sensibles concerne les allégations relatives à la santé du Souverain.

Dans sa lettre, France Colle s’interroge sur la légitimité de telles affirmations :

« Pour parler de la santé du Roi, encore faudrait-il avoir été reçu par le cabinet royal ou par son médecin personnel. À défaut, toute affirmation relève de la spéculation. »

Elle rappelle que la vérification des informations est un principe fondamental du journalisme, particulièrement lorsqu’il s’agit d’un chef d’État.

Un attachement profond au peuple marocain

Au-delà de la polémique médiatique, France Colle tient surtout à rappeler sa conviction personnelle :

« Je sais, au plus profond de moi-même, que le Roi Mohammed VI est profondément attaché à la vie de chaque Marocain. Sa priorité absolue est l’avancée du Royaume et la dignité de son peuple. »

Elle décrit le Souverain comme :

« Un roi qui réussit l’impossible. Un homme d’honneur devant qui on retient son souffle. »

Coopération sécuritaire : des faits rappelés

Dans son courrier, elle souligne également le rôle déterminant du Maroc dans la coopération sécuritaire avec la France :

  • Contribution décisive des services marocains dans la localisation d’Abdelhamid Abaaoud après les attentats de 2015.

  • Coopération renforcée en matière de sécurité lors des Jeux Olympiques de Paris 2024.

Autant d’éléments qui, selon elle, témoignent d’un partenariat solide et d’une responsabilité assumée par le Royaume sur la scène internationale.

Une vision du Maroc en transformation

France Colle insiste sur le fait que le Maroc d’aujourd’hui est un pays en transformation profonde, engagé dans des réformes institutionnelles, des projets structurants et un positionnement stratégique affirmé à l’échelle africaine et internationale.

Pour elle, réduire cette trajectoire à des anecdotes ou à des insinuations constitue une lecture partielle et injuste de la réalité.

Liberté d’expression et responsabilité

Si la liberté de la presse est un principe fondamental, elle estime qu’elle ne peut s’exonérer d’une exigence de responsabilité, en particulier lorsqu’il s’agit d’un chef d’État étranger et d’un partenaire stratégique.

« La critique est légitime. La diffamation et la spéculation ne le sont pas », conclut-elle.

Un débat révélateur d’un moment diplomatique sensible

Cette séquence intervient alors que les relations entre le Maroc et la France connaissent une phase de redéfinition stratégique. Coopération sécuritaire, dialogue parlementaire, partenariats économiques et coordination diplomatique témoignent d’un lien dense et complexe.

Dans ce contexte, les polémiques médiatiques peuvent rapidement prendre une dimension symbolique.

La réaction de France Colle traduit ainsi une sensibilité forte autour de la figure du Roi Mohammed VI, qui demeure au Maroc une institution centrale, constitutionnelle et spirituelle.


La controverse autour de l’article de Libération illustre combien l’image d’un Chef d’État peut devenir un enjeu médiatique et diplomatique.

Qu’on partage ou non l’analyse de France Colle, son intervention rappelle une chose : la relation entre critique, liberté d’expression et respect institutionnel reste un équilibre délicat.

Et lorsqu’il s’agit d’un souverain qui incarne à la fois l’autorité constitutionnelle, la stabilité politique et une dimension religieuse, la prudence éditoriale n’est pas un luxe — mais une exigence.

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