Le nouveau film marocain « Grand-Petit Frère » : un voyage humain entre peur, émancipation et force fraternelle
Le film marocain « Grand-Petit Frère », ou « Azizî Saghir », fait son entrée dans les salles de cinéma. Cette nouvelle œuvre propose une expérience cinématographique profondément humaine, abordant avec sensibilité des thématiques aussi délicates que l’autisme, le handicap, l’émancipation et la force des liens fraternels.
À travers l’histoire de Sarah et Adam, le film dépasse le simple récit familial pour devenir un véritable voyage intérieur, où se mêlent confrontation à soi-même, peur, regard de la société et quête de liberté.
Produit par Rachida Saadi et réalisé par Karima ganouni, « Grand-Petit Frère » puise son inspiration dans une réalité marocaine riche et plurielle. Le film met au centre de son récit Adam, le frère aîné atteint de troubles du spectre de l’autisme, que sa sœur Sarah continue pourtant de considérer affectivement comme son « petit frère », malgré leur différence d’âge.
À travers leur relation, le film ouvre une fenêtre sur l’univers de l’autisme, loin des représentations stéréotypées, en plaçant l’être humain avant le diagnostic et les émotions avant les jugements.
De son côté, Sarah mène son propre combat pour conquérir son indépendance et trouver sa place. « Grand-Petit Frère » ne se limite ainsi pas à raconter une histoire familiale : la route devient elle-même un élément essentiel de la dramaturgie.
Le voyage entrepris par les deux personnages traverse différents territoires du Maroc et permet de révéler la richesse culturelle, linguistique et visuelle du Royaume. Le Maroc n’y apparaît pas comme un simple décor, mais comme un personnage à part entière, porté par la diversité de ses paysages, de ses voix, de ses musiques et de ses couleurs.
Cette traversée possède également une forte dimension symbolique. À chaque étape, Sarah et Adam se rapprochent davantage d’une confrontation avec eux-mêmes, tandis que le spectateur est invité à découvrir la relation fraternelle dans ce qu’elle a de plus intime, de plus fragile et de plus authentique.
À travers cette œuvre, la réalisatrice Karima ganouni rend un hommage particulier à son frère et aux années qu’ils ont partagées. Elle transforme ainsi une expérience personnelle en un récit cinématographique universel, capable de toucher le public tout en ouvrant une réflexion plus large sur l’autisme, le handicap, l’inclusion et le droit de chaque personne à vivre dignement, à l’écart des préjugés.
Pour donner vie à cette relation fraternelle, Karima ganouni s’appuie sur les interprétations de Nisrine Adam et Ismail Fellahi, qui incarnent le frère et la sœur avec une grande justesse et beaucoup de sensibilité.
Soucieuse de construire une relation crédible à l’écran, la réalisatrice a tenu à réunir les deux comédiens avec son véritable frère avant le tournage. Cette rencontre leur a permis de mieux comprendre le rythme émotionnel du récit et de construire une relation naturelle, perceptible tout au long du film.
Le choix d’un jeu fondé sur une improvisation maîtrisée contribue également à donner aux scènes une dimension spontanée et authentique, offrant au spectateur la sensation d’assister à des moments vécus plutôt qu’à des situations artificiellement construites.
Avec « Grand-Petit Frère », Karima ganouni signe ainsi une œuvre intime et profondément humaine, où le cinéma devient un espace de dialogue sur la différence, la fraternité et la liberté, tout en proposant un regard sensible sur un Maroc pluriel, vivant et en mouvement.



