L’Ordre des médecins dentistes alerte sur des formations au statut «flou» et appelle à lutter contre l’exercice illégal
L’Ordre national des médecins dentistes a mis en garde contre la multiplication de formations proposées sous les appellations d’« Hygiéniste » et de « Denturologue », dans un contexte marqué, selon lui, par un manque de clarté concernant leur statut juridique, la nature des diplômes délivrés et les compétences que leurs titulaires peuvent exercer après l’obtention de leur diplôme.
Dans un communiqué, l’Ordre affirme que la question ne se limite pas à une différence de terminologie ou à la diversification de l’offre de formation, mais concerne directement la protection de la santé des citoyens et la sécurité de l’exercice professionnel, ainsi que la protection des étudiants, de leurs familles et des prothésistes dentaires contre des promesses commerciales qui pourraient ne reposer sur aucune base juridique ou professionnelle clairement établie.
L’Ordre explique que l’obtention d’un diplôme ou d’un certificat auprès d’un établissement de formation ne suffit pas pour exercer une profession de santé réglementée, compte tenu des conditions légales et professionnelles précises auxquelles ces métiers sont soumis en raison de leur lien direct avec la santé et la sécurité des citoyens.
Il invite les personnes souhaitant suivre ces formations à vérifier, avant toute inscription ou tout versement de frais, le statut juridique de l’établissement, la reconnaissance du parcours proposé, la valeur légale du diplôme délivré, ainsi que les compétences auxquelles celui-ci donne accès et les conditions légales de leur exercice.
L’Ordre indique suivre plusieurs situations appelant à la vigilance, parmi lesquelles la poursuite, par un établissement privé de formation professionnelle à Casablanca, de la promotion de formations de ce type, malgré une précédente décision administrative ordonnant sa fermeture et le retrait de son autorisation ou de son statut juridique, selon les informations contenues dans le communiqué.
L’instance affirme également avoir relevé, à Sidi Slimane, les activités d’une structure se présentant comme une « académie » et organisant ce qu’elle qualifie de « formations qualifiantes ». Elle estime que ces offres pourraient laisser croire aux prothésistes dentaires qu’ils peuvent passer de la fabrication de prothèses en laboratoire à la prise d’empreintes et à la pose de prothèses directement dans la bouche des patients.
L’Ordre attire l’attention sur la sensibilité de toute intervention directe dans la bouche d’un patient, considérant qu’il s’agit d’une pratique de santé susceptible d’avoir des conséquences directes sur la sécurité des citoyens. Celle-ci nécessite une formation médicale spécifique de six ans dans une faculté de médecine dentaire, ainsi qu’un cadre juridique clair définissant les compétences et les responsabilités professionnelles.
Il souligne également que l’utilisation de dénominations professionnelles étrangères, la présentation d’un établissement comme une « académie » ou la promotion de ses formations sur les réseaux sociaux ne constituent pas, à elles seules, une preuve de reconnaissance officielle.
L’Ordre insiste sur la nécessité, pour toute formation liée à la santé bucco-dentaire, de respecter le cadre légal et réglementaire en vigueur et de présenter clairement ses objectifs, son contenu et ses débouchés, afin d’éviter toute confusion entre la formation professionnelle et l’exercice de la médecine dentaire.
Il appelle également à ne présenter aucun cursus, diplôme ou certificat d’une manière laissant entendre qu’il autorise son titulaire à accomplir des actes relevant des compétences exclusivement réservées aux médecins dentistes, soulignant que cette exigence vise à protéger les personnes en formation contre toute tromperie et à garantir la sécurité des patients.
L’Ordre demande, par ailleurs, aux acteurs politiques ainsi qu’aux institutions législatives et exécutives de faire de l’organisation des métiers liés à l’assistance dentaire et à la fabrication de prothèses, ainsi que de leurs parcours de formation, l’une des priorités de la réforme du système de santé.
Il réaffirme enfin sa disponibilité à coopérer avec les départements gouvernementaux et les institutions chargées de l’enseignement et de la formation afin de clarifier le statut juridique de ces cursus et de lutter contre toute pratique de santé exercée en dehors du cadre législatif et réglementaire en vigueur.



